Il part en guerre contre les arnaques à la serrurerie

Sébastien Delhaye, jeune serrurier, dit avoir «l'envie de travailler justement»./Photo DDM, Nathalie Saint-Affre.Dans l’univers impitoyable de l’artisanat (marché noir, retard dans les travaux, surmajoration des prix, gens peu scrupuleux, etc.), un jeune Toulousain, à défaut de jouer les «Monsieur Propre», a décidé de répondre par… le travail bien fait et son juste prix ! Son terrain de jeu : la serrurerie, même si, vitrerie et miroiterie font également partie de ses compétences. Battant en brèche le tout procédural, «où le client lésé en sera de sa poche quel que soit le résultat devant la Justice», Sébastien Delhaye entend réintégrer une valeur qui serait en souffrance dans le monde très fermé de la serrurerie : l’honnêteté.

«Les sociétés de dépannage paient leurs techniciens sur les commissions établies à la tête du client. Après, il ne faut pas s’étonner que les intervenants fassent subir les pires arnaques à des clients souvent désemparés», souligne celui qui est à la tête de la STD (Société Toulousaine de Dépannage), une SARL unipersonnelle. Il veut bannir les arnaques à répétition dont sont victimes les consommateurs : 300, 400, 500, parfois 600 euros pour un dépannage d’urgence sur une porte où la serrure ne fonctionne plus. «Ce n’est pas supportable, dit-il. Les sociétés qui agissent comme cela sont connues sur Toulouse. Elles n’offrent jamais à leurs clients une grille tarifaire détaillée avant chaque intervention.»

Pas de vente forcée

L’été dernier, la Dépêche du Midi rapportait la mésaventure de ce couple d’Espagnols enfermés à l’extérieur de leur villégiature sise dans le quartier des Minimes. «Trimballés» par la société intervenante pour une simple ouverture de porte, ils avaient dû débourser 480 euros ! Cette société, extérieure à Toulouse, avait de plus usurpé le nom d’une homologue toulousaine ; laquelle l’avait du reste assignée en Justice. On attend toujours le résultat… «Moi, je n’assigne personne, je veux simplement que la population sache que l’on peut changer une serrure, après ouverture d’une porte, pour un tarif raisonnable, sans vente forcée de matériel ni recours à de la porte blindée», explique Sébastien Delhaye.

Évidemment, l’artisan ne se fait pas que des amis. Il raconte ainsi que la concurrence, visiblement agacée, lui téléphone en appel masqué avant de raccrocher. Intimidation ? Lui, en tout cas, a mis en ligne l’étendue de ses compétences ; et pour prouver son désintéressement, son sérieux et son «envie de travailler justement», il lui en coûte 1,30 euro par clic de souris lorsque l’on tape le nom de son site sur un moteur de recherche bien connu.